SQUARES

Le square est un espace ludique et un espace de promenades construites, un espace clos.

Mes squares sont des carrés construits par le dessin ou la photographie et reconstruits par le collage et le dessin. Le jeu des points de vue, du rapport entre le papier, le trait, les éléments qui permettent le collage sont volontairement visibles. Ceci accentue la discontinuité ténue qui se joue dans la perception que l’on peut avoir d’un paysage, dans le même temps que notre esprit est plein d’autres paysages possibles.

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LITHOMORPHISMES

Quand le bois devient la pierre, quand ce qui était souple devient plus rigide, quand ce qui se décompose se stratifie, se cristallise, devient roche, veinures, alors, le dessin se clôt.

Cette série serait exposée en grille, en présentation régulière, pour marquer le temps de la série, l’obsession de ces moments, pour faire collection.

Lithomorphismes 01,02,03,04,05… dessins graphite, encre, collage, sur papier , 30 x 41 cm , placés en grille de manière aléatoire, 2020

HAIES

Les taillis, les haies, les bouchures, les futaies, ce qui fait limite entre les terres, ce qui cloisonne, ce qui empêche parfois le regard m’intéressent parce qu’ils sont la marge du paysage, la bordure qui fait tenir les terres ensembles.

Ces dessins sont pour moi l’occasion de travailler cet enchevêtrement graphique, de fouiller dans ce qui fait limite, dans le piquant des mûres et des ronciers. Le dialogue entre le crayon et les supports que j’utilise me permet de de travailler dans l’épaisseur et de donner plus de matière au trait.

Sans titre, Dessin graphite sur papier gravure, 71 x 100 cm

Sans titre, encre et graphite sur papier, vue entière et détail, 15 x 100 cm, 2021

SOLS

Le sol, comme le support sur lequel je dessine est une construction, une organisation naturelle et artificielle, vivante. Le sol, c’est aussi une intériorité, l’épaisseur de ce qui peut constituer une personne, les strates d’où parfois émerge la vision d’une figure constituée.

Cette série de grands dessins travaille cette question de la complexité, de l’épaisseur, de la lisibilité possible des figures émergentes qui peuvent être données à voir quand on regarde le sol de la forêt par exemple. C’est aussi une prospection intérieure, un cheminement dessiné qui petit à petit construit un sol sur lequel je prends appui.

Sol 101, Dessin graphite sur papier bristol, 80 x 120 cm
Sol 103, Dessin graphite sur papier gravure, 71 x 100 cm

Démarche

Je creuse, je fouille, je retourne le paysage.
Par le dessin, je cherche à montrer le foisonnement, la vibration, le grouillement et l’articulation structurée de ce qui se trouve à hauteur de mon regard quand je me promène, que ce soit en forêt, sur les chemins ou au bord des routes. Je cherche à donner à ces moments, à ces visions de promenade1, une possibilité de faire paysage. Je renonce à l’unicité du paysage, à la perspective photographique: mes paysages sont le lieu de la reconstruction, de la juxtaposition du regard et de l’expérience sensible avec les souvenirs de choses vues au-delà du paysage regardé et qui pourtant le constituent.
En travaillant les valeurs de blanc, de gris et de noir, encre ou graphite, dessin ou collage, je cherche à nuancer l’enchevêtrement des différents plans et volumes, je cherche à être attentive à la qualité du support, je cherche à mettre au jour la complexité de ce qu’il est possible de percevoir si l’on s’attarde un peu sur les chemins .

  1. « (…) Il faut revenir aux premières formes de la rêverie subjective, aux moments gratuits des choix visuels, quand notre oeil, à peine teinté, éveille un désir modéré, quand nous caressons du regard une image parmi des images et que nous sommes affermis sur cette position instable où nous pouvons tout saisir et tout dédaigner. »
    Gaston Bachelard, Le monde comme caprice et miniature, Recherches philosophiques, III, 1933-1934, p. 306-320